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INSIGHTS 8LIMBS · THE MODERN WARRIOR · LEADERSHIP

The Modern Warrior
Réveiller ce que le quotidien endort.




Stress, frustrations, opposition : pourquoi le Muay Thaï peut aider à canaliser une intensité que le quotidien nous demande souvent de contenir.

LAURENT DECONINCK · FONDATEUR DE 8LIMBS ·
ENV. 12 MIN DE LECTURE

Diriger une entreprise demande parfois une étrange forme de violence : celle de devoir constamment se contenir.

Un client vous pousse à bout. Une décision vous pèse. Une négociation s’envenime. Un problème arrive alors que dix autres attendent déjà une solution.

Vous restez professionnel. Vous réfléchissez. Vous absorbez. Puis vous passez au problème suivant.

Mais toute cette tension ne disparaît pas parce qu’on a décidé de ne pas l’exprimer. Qu’est-ce qu’on en fait ?

THE MODERN WARRIOR

Nous avons supprimé une grande partie de la confrontation physique. Pas le stress. Pas la frustration. Pas le besoin de faire face.

01 — CONFLIT

Nous avons supprimé le combat.
Pas le conflit.

La plupart d’entre nous ne seront probablement jamais obligés de se battre physiquement dans leur quotidien. Et c’est évidemment une bonne chose.

Mais cela ne signifie pas que le conflit a disparu. Il a simplement changé de forme.

Aujourd’hui, l’opposition se trouve ailleurs : dans une négociation, dans une personne à qui il faut dire non, dans un projet qui ne fonctionne pas, dans une décision difficile à assumer ou dans une période où l’on doit continuer à avancer alors que les résultats ne suivent pas.

Pour un dirigeant, ces situations sont presque ordinaires. Mais elles ont une particularité : elles se vivent surtout dans la tête.

On peut terminer une journée complètement vidé nerveusement alors que l’on a passé huit heures assis devant un écran.

Beaucoup de pression, très peu de confrontation physique avec cette pression.

Nous avons supprimé le combat. Pas le conflit.
Nous sommes devenus très bons pour contenir.

02 — CONTENIR

Nous sommes devenus très bons pour contenir.

Plus on prend de responsabilités, plus cette capacité devient importante.

Un dirigeant ne peut pas répondre impulsivement à chaque frustration. Il doit parfois entendre une critique sans réagir, temporiser, négocier, attendre avant de répondre et accepter qu’une situation échappe momentanément à son contrôle.

Cette maîtrise est indispensable. Mais maîtriser quelque chose ne veut pas dire qu’on ne le ressent plus.

La frustration reste là. La colère aussi parfois. La tension. L’envie de dire ce que l’on pense réellement. L’envie, certains jours, de simplement tout envoyer valser.

Alors on range ça quelque part. Puis on retourne travailler.

À force de tout contenir, on finit parfois par vivre presque exclusivement dans sa tête.

03 — DÉFOULEMENT

« J’ai besoin de me défouler. »

C’est une phrase que j’ai entendue énormément de fois. Et je la comprends.

Quelqu’un arrive à l’entraînement après une mauvaise journée et me dit : « Aujourd’hui, j’ai besoin de frapper. »

Il y a quelque chose de très instinctif là-dedans. On retrouve la même logique dans ces endroits où l’on paie pour casser des assiettes, des télévisions ou des objets avec une masse.

Pendant quelques minutes, on peut faire exactement ce que la vie quotidienne nous interdit presque toujours de faire : faire du bruit, frapper, casser, arrêter de contrôler chacun de ses gestes.

Mais les sports de combat vont plus loin. En Muay Thaï, le but n’est pas simplement de détruire quelque chose.

Vous devez apprendre à utiliser cette énergie.

« J’ai besoin de me défouler. »
Frapper n’est pas perdre le contrôle.

04 — CONTRÔLE

Frapper n’est pas perdre le contrôle.

De l’extérieur, frapper peut sembler être l’expression ultime de l’agressivité. En pratique, un bon entraînement enseigne presque l’inverse.

Prenez quelqu’un de très tendu et demandez-lui de frapper le plus fort possible pendant plusieurs rounds. Très rapidement, il va se fatiguer. Ses mouvements deviennent lourds, sa respiration se bloque et sa technique se dégrade.

Pour devenir meilleur, il doit apprendre à se relâcher, respirer, choisir le moment, doser, accélérer puis revenir au calme.

Autrement dit, plus il apprend à produire de l’intensité, plus il doit apprendre à la maîtriser.

La puissance sans contrôle ne dure pas longtemps.

05 — COMBATIVITÉ

Il y a une différence entre agressivité et combativité.

Cette distinction me paraît essentielle.

On peut être extrêmement combatif sans être hostile. On peut défendre sa position sans humilier quelqu’un. On peut affronter une difficulté sans chercher un coupable. On peut être déterminé sans devenir incontrôlable.

C’est ce que beaucoup de débutants découvrent progressivement. Au départ, certains ont même peur de frapper. Puis ils découvrent qu’on peut mettre énormément d’intensité dans des paos et remercier la personne qui les tient.

On peut faire du sparring, essayer de toucher l’autre, recevoir ses coups et discuter normalement trente secondes plus tard. Il existe un cadre, des règles, du respect et du contrôle.

L’agressivité cherche parfois une cible. La combativité cherche une direction.

Il y a une différence entre agressivité et combativité.
Puis quelqu’un se met devant vous.

06 — OPPOSITION

Puis quelqu’un se met devant vous.

Frapper un sac est une chose. Faire face à une personne en est une autre.

Le sac ne vous répond pas. Une personne, oui. Elle avance, esquive, vous touche et fait quelque chose que vous n’aviez pas prévu.

C’est là qu’apparaît une forme de confrontation que notre quotidien nous offre finalement assez rarement : une opposition directe, claire, immédiate.

Dans un entraînement bien construit, cette confrontation est progressive. On ne jette pas un débutant dans une guerre. On adapte l’intensité et on apprend à contrôler.

Mais le principe reste puissant : vous acceptez volontairement qu’une personne vous oppose une résistance.

Je peux rencontrer de l’opposition sans fuir, sans exploser et sans perdre complètement mes moyens.

07 — DÉCHARGE

C’est parfois exactement ce qui manque au quotidien.

Après plus de dix ans de coaching, j’ai vu beaucoup de personnes arriver à une séance encore complètement prises dans leur journée.

On le voit immédiatement : les épaules sont tendues, les gestes sont raides, la respiration est courte et la tête est ailleurs.

Puis la séance commence vraiment. La corde. Les mouvements. Les premières frappes. Les rounds. Les kicks. Les genoux. Les paos. La transpiration.

Progressivement, la personne arrête de parler de sa journée. Elle n’en a même plus la place. Son corps lui impose autre chose : respirer, regarder, bouger, frapper, réagir, continuer.

Une heure plus tard, le problème professionnel n’a pas disparu. Mais la personne n’est plus dans le même état pour y faire face.

Le corps est fatigué. Et pourtant, la tête semble plus légère.

C’est parfois exactement ce qui manque au quotidien.
Remettre le corps dans l’équation.

08 — CORPS

Remettre le corps dans l’équation.

Nous sommes devenus extrêmement bons pour tout intellectualiser.

Un problème de stress ? On lit un livre, on écoute un podcast, on optimise son agenda, on installe une application, on réfléchit encore davantage.

Tout cela peut être utile. Mais il existe peut-être aussi des moments où le problème n’a pas besoin d’une nouvelle réflexion.

Parce que nous ne sommes pas simplement un cerveau qui se déplace d’une réunion à l’autre. Notre état physique influence notre manière de penser.

Pendant une séance, tout revient au même endroit : le corps, l’attention, la respiration, la peur, la force et la fatigue.

Il n’y a plus quinze onglets ouverts. Il n’y en a qu’un.

09 — CANALISER

Le but n’est pas simplement de « vider » la colère.

Le sport de combat n’est pas une poubelle émotionnelle dans laquelle on pourrait simplement jeter toutes ses frustrations.

Le message n’est pas : « Vous êtes énervé ? Frappez quelque chose et tout ira mieux. » Ce serait trop simple.

L’intérêt est ailleurs. Le combat vous oblige à prendre une énergie parfois chaotique et à lui donner une forme : une technique, un rythme, une règle, une limite.

Vous pouvez entrer dans une salle avec énormément de tension. Mais si vous commencez à frapper n’importe comment, vous apprenez rapidement que cela ne fonctionne pas.

C’est pour cela que je préfère parler de canalisation plutôt que de simple défoulement.

Vous ne faites pas disparaître votre intensité. Vous apprenez à l’utiliser.

Le but n’est pas simplement de « vider » la colère.
Et c’est exactement ce dont un dirigeant a besoin.

10 — DIRIGEANT

Et c’est exactement ce dont un dirigeant a besoin.

La combativité n’est pas un problème dans l’entreprise. Elle est même souvent indispensable.

Il faut parfois se battre pour une idée, défendre un projet, résister à la facilité, continuer lorsque les résultats mettent du temps à arriver, dire non, traverser une période difficile et revenir après un échec.

La question n’est donc pas : comment devenir moins combatif ?

La question est : comment éviter que cette énergie devienne tension permanente, irritabilité ou épuisement ?

Peut-être qu’une partie de la réponse consiste justement à avoir un endroit où cette énergie peut exister pleinement : un endroit où l’on peut mettre de l’intensité, être confronté, utiliser son corps, recevoir une opposition puis rentrer chez soi.

Sans que rien ne soit cassé. Ni un objet. Ni une relation. Ni soi-même.

11 — INCONFORT

Le confort est précieux. L’inconfort volontaire aussi.

Il serait absurde de glorifier une époque où la vie était plus dangereuse ou plus violente. Le confort moderne est une chance.

Mais lorsqu’on supprime toute forme d’inconfort, certaines capacités finissent par être de moins en moins sollicitées.

Supporter la fatigue. Continuer lorsque le corps demande d’arrêter. Accepter une opposition. Être bousculé. Utiliser sa force. Rester présent lorsque la situation devient désagréable.

Le sport de combat permet de retrouver volontairement une partie de cela, dans un environnement contrôlé.

On entre dans une salle en sachant que ce sera difficile. On choisit même cette difficulté.

Au lieu d’attendre que la vie impose l’inconfort, on va volontairement à sa rencontre.

Le confort est précieux. L’inconfort volontaire aussi.

THE MODERN WARRIOR

Réveiller ce que le quotidien endort.

Pas le fantasme d’un guerrier moderne agressif. Pas quelqu’un qui cherche la confrontation partout. Quelqu’un qui vit pleinement dans le monde moderne, mais qui refuse de laisser certaines capacités s’endormir.

La capacité à faire face. À supporter l’inconfort. À utiliser sa force. À accepter l’opposition. À canaliser son intensité. À continuer lorsque quelque chose devient difficile.

Le Muay Thaï ne crée probablement pas cette personne. Il lui offre simplement un endroit où elle peut réapparaître.

NE PAS DEVENIR QUELQU’UN D’AUTRE.
RÉVEILLER CE QUI ÉTAIT DÉJÀ LÀ.

Laurent Deconinck, fondateur de 8LIMBS

À PROPOS DE L’AUTEUR

Laurent Deconinck

Fondateur de 8LIMBS, Laurent pratique et enseigne le Muay Thaï et la préparation physique depuis plus de dix ans. Son approche relie trois dimensions : martial, physique et mental.

Entre la Belgique et la Thaïlande, il accompagne celles et ceux qui veulent devenir plus capables — dans leur corps comme sous pression.

8LIMBS · ÉCHANGE PRIVÉ

Et si vous remettiez le corps dans l’équation ?

Si cette approche vous parle, échangeons sur votre réalité, votre niveau de pression et ce que vous cherchez à retrouver : énergie, combativité, maîtrise et capacité à faire face.